La Ligne nouvelle du Sud-Ouest s’inscrit dans les objectifs de décarbonation portés par la Stratégie nationale bas carbone et l’Accord de Paris sur le climat. La LNSO, c’est une mobilité durable et décarbonée, une alternative à la voiture et à l’avion, et un chantier pensé pour limiter ses impacts environnementaux.
Une mobilité durable et décarbonée
En France, le secteur des transports émet chaque année environ un tiers des émissions de gaz à effet de serre au niveau national, ce qui en fait le secteur le plus émetteur devant l’agriculture et l’industrie*. Face au défi climatique, l’offre de trains contribue à réduire cette empreinte. En effet, alors que le train transporte environ 10 % des voyageurs, il émet moins de 1 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur.
Selon l’ADEME, pour un trajet similaire, le train émet, par passager, 8 à 27 fois moins de gaz à effet de serre qu’une voiture particulière et 13 à 45 fois moins qu’un avion.
Dans son 6e rapport (2023), le GIEC préconise “un changement de comportement significatif, avec davantage de vols aériens intérieurs transférés vers le TGV. Pour que les services de TGV soient très compétitifs par rapport au transport aérien, la distance optimale entre les points de départ et d'arrivée se situe approximativement entre 400 et 800 km”. C’est le cas de la Ligne nouvelle du Sud-Ouest sur les liens Paris-Toulouse ou Paris-Dax, comme Bordeaux-Toulouse-Barcelone ou Toulouse-Dax-Madrid ou Bilbao.
Le développement ferroviaire répond donc au besoin d’accroissement de la mobilité à longue distance tout en promouvant le mode de transport le plus respectueux de l’environnement.
* https://www.notre-environnement.gouv.fr/themes/climat/les-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-et-l-
Une alternative à la voiture et à l'avion pour une meilleure qualité de l'air et une réduction des nuisances quotidiennes
En réduisant les temps de trajet, la LNSO vise à encourager un report massif de l’avion et de la voiture vers le train. C’est ce que l’on appelle le report modal : le fait de faire passer des déplacements d’un mode de transport à un autre. L’objectif est généralement de choisir des modes plus écologiques.
L’exemple de la ligne à grande vitesse Paris-Marseille montre qu’un trajet en TGV d’environ 3 heures permet de transférer 60 à 70 % du trafic aérien vers le train. À sa mise en service, la LNSO proposera une alternative aux déplacements en avion en reliant Toulouse et Paris en un temps record de 3h10.
La LNSO est pensée comme un outil de report massif vers le rail :
- pour les voyageurs du quotidien : dès sa mise en service, grâce aux politiques de mobilité et de transferts inter-régionaux, français et européens, la LNSO permettra un transfert significatif du trafic routier et aérien vers le rail. 5 millions de voyageurs par an sont attendus.
- pour les marchandises : l’augmentation de la capacité pour le fret ferroviaire vise à réduire le nombre de poids lourds sur les grands axes routiers du Sud-Ouest, avec à la clé moins de congestion, moins de pollution locale (NOx, particules) et moins d’émissions de CO₂ sur les déplacements de tous les jours. Sur la ligne existante en Nouvelle-Aquitaine circulent aujourd'hui 10 à 18 trains de fret ferroviaire par jour. La création d’une ligne ferroviaire mixte voyageurs et fret entre Dax et l’Espagne, se raccordant à la future ligne mixte espagnole dénommée « Y basque », permettra un report massif du transport de marchandises routier vers le ferroviaire pour les flux transpyrénéens et dans le Sud-Ouest.
La LNSO favorisera donc aussi :
- la décongestion des routes ;
- la réduction des nuisances sonores, notamment dans les métropoles ;
- l’amélioration de la qualité de l’air.
Un chantier ancré dans la démarche "Eviter, réduire, compenser"
La démarche ERC (“éviter, réduire, compenser”) a guidé les études du projet de la ligne nouvelle dès les premières étapes de sa conception, en application du Code de l’environnement. Cette démarche a pour objectif d’éviter les atteintes à l’environnement, de réduire celles qui n’ont pu être évitées et de compenser les effets notables. La compensation environnementale prévue et intégrée au coût du chantier restaurera plus du double des surfaces naturelles impactées.
Cette démarche ERC a déjà été mise en œuvre pour la construction de la ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique, entre Tours et Bordeaux. 3 800 hectares ont fait l’objet de mesures compensatoires, le long de la ligne. Cela comprend notamment : 748 hectares de zones humides restaurées (pour 297,5 hectares impactés), 1 350 hectares de boisements compensateurs et 223 espèces protégées.
Une stratégie carbone est également en cours d’élaboration pour la LNSO. Elle vise à :
- fixer des objectifs concrets de réduction d'émissions ;
- intégrer ces exigences dans les marchés de conception-réalisation ;
- mettre en place un dispositif de pilotage rigoureux de l'empreinte tout au long du chantier. Une démarche inédite dans le ferroviaire, pour faire de la LNSO un projet bas-carbone exemplaire.