Pour la Ligne nouvelle du Sud-Ouest, la prise en compte de l’environnement commence dès la conception. L’écoconception et la démarche Éviter, Réduire, Compenser (ERC) permettent d’intégrer les enjeux écologiques dans les choix du projet et d’adapter les solutions aux caractéristiques des territoires traversés.
L’écoconception constitue une véritable feuille de route pour l'Agence LNSO. Elle consiste à concevoir les différentes composantes du projet au regard des enjeux environnementaux : consommation de ressources et d’énergie, désartificialisation des espaces naturels, matériaux mobilisés, économie circulaire… Cette approche concerne l’ensemble du cycle de vie de l’infrastructure, depuis sa conception jusqu’à son exploitation et sa maintenance.
Elle s’appuie notamment sur la démarche Éviter, Réduire, Compenser (ERC). Une démarche qui se traduit concrètement, dès les études, par des choix de conception et des modalités d’intervention adaptées.
Éviter en priorité. Pour savoir quels secteurs préserver, il faut d’abord bien les connaître. Des inventaires écologiques sont ainsi menés le long du tracé pour identifier les espèces patrimoniales et protégées, leurs habitats, les zones humides et les secteurs sensibles. Ils sont réalisés sur plusieurs cycles biologiques complets et sur un périmètre d’études adapté en fonction des espèces étudiées et leurs biologies. Ces données permettent ensuite d’adapter le projet : choix des implantations, limitation des emprises ou évitement des secteurs présentant les enjeux écologiques les plus importants. Cette logique a notamment conduit à éviter au maximum les principaux réservoirs de biodiversité en faisant évoluer les dispositifs constructifs de la ligne lors des temps de dialogue avec les collectivités et les services de l'Etat.
Réduire lorsque l’évitement total n’est pas possible. Les solutions techniques et les interventions sont alors adaptées pour préserver au mieux les milieux. Cela peut se traduire par des emprises limitées au strict nécessaire, une programmation des interventions en dehors des périodes les plus sensibles pour les espèces, la mise en œuvre de milieux de report pour les espèces, la protection des cours d’eau ou encore la mise en place de dispositifs pour la petite faune. La conception des ouvrages participe également à cette démarche : dans le secteur du Ciron, par exemple, le recours à des ouvrages de franchissement doit permettre de préserver au mieux les écoulements des cours d’eau et la transparence hydraulique.
Compenser en dernier recours. Lorsque des effets résiduels subsistent après l’évitement et la réduction, des mesures sont mises en œuvre pour restaurer ou améliorer des milieux naturels. Elles peuvent concerner des prairies, des haies, des mares, des zones humides, des boisements naturels, ces milieux permettent de reconstituer des habitats favorables aux espèces. Pour la première autorisation environnementale de la ligne Bordeaux–Toulouse, ces mesures de compensation écologiques concernent plus de 80 sites répartis dans les quatre départements traversés.
La démarche d'accompagnement environnemental ne constitue donc pas une réponse apportée uniquement au moment du chantier : elle intervient dès la connaissance des milieux et oriente progressivement le tracé, la conception des ouvrages et les conditions de réalisation du projet.